<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Dr&#xf4;le d&apos;endroit pour une mauvaise rencontre</title><link>http://droledendroit.canalblog.com/</link><description>Les vies se valent, leurs r&#xe9;cits non. Ce que j&apos;ai v&#xe9;cu sera livr&#xe9; sans certificat d&apos;authenticit&#xe9; ni d&#xe9;claration de foi. La m&#xe9;diocrit&#xe9; et la bassesse passent mieux avec un cocktail &#xe0; la main...</description><language>fr</language><lastBuildDate>Fri, 22 Aug 2008 03:48:33 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>sortie sans itin&#xe9;raire</title><dc:creator>herisson sauvage</dc:creator><link>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/18/2422750.html</link><comments>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/18/2422750.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://droledendroit.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2422750/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/18/2422750.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Chlo&#xe9; et moi avons pass&#xe9; la journ&#xe9;e ensemble. Cl&#xe9;mentine nous a rejoints et je dois dire que &#xe7;a ne s&apos;est pas trop mal pass&#xe9;. Chlo&#xe9; ne lui a pas crach&#xe9; dessus, quand elle a jet&#xe9; son chewing-gum elle ne l&apos;a pas coll&#xe9; sur un pan de la jupe de Clem&apos;, elle lui a m&#xea;me parl&#xe9; (sans la regarder en face, mais quand m&#xea;me, &#xe7;a vaut la peine d&apos;&#xea;tre dit).&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; G&#xe9;n&#xe9;ralement, quand elle sent qu&apos;une des femmes pr&#xe9;sentes dans les environs est potentiellement quelqu&apos;un dans le giron de qui j&apos;ai l&apos;habitude d&apos;aller me nicher, au mieux elle l&apos;ignore, au pire elle lui pourrit la vie. Je n&apos;aime pas la psychologie de bas &#xe9;tage (l&apos;autre non plus, d&apos;ailleurs), et je me refuse &#xe0; n&apos;y voir qu&apos;un d&#xe9;sir possessif de me garder en exclusivit&#xe9; pour elle ou qu&apos;un refus que ladite femelle prenne la place de sa m&#xe8;re dans la photo de famille sous cadre kitsch qu&apos;elle a dans la t&#xea;te. Il y a forc&#xe9;ment autre chose que simplement &#xe7;a, et m&#xea;me si c&apos;est pire, je persiste &#xe0; pr&#xe9;f&#xe9;rer l&apos;hypoth&#xe8;se selon laquelle ma fille est un monstre certes, mais un monstre complexe et sophistiqu&#xe9;. Sinon, ce serait &#xe0; d&#xe9;sesp&#xe9;rer de ce que j&apos;ai pu lui inculquer.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Nous sommes all&#xe9;s nous promener au bord de la mer. Il faisait froid, il y avait du vent et un petit crachin d&#xe9;sagr&#xe9;able, bref c&apos;&#xe9;tait tout sauf une bonne id&#xe9;e et nous avons ador&#xe9;, pour finir. Comme de bien entendu. Chlo&#xe9; a racont&#xe9; &#xe0; Cl&#xe9;mentine comment elle avait retourn&#xe9; le doigt de sa voisine, en classe, parce que celle-ci avait eu l&apos;ind&#xe9;licatesse de ne pas lui souffler la r&#xe9;ponse &#xe0; l&apos;exercice de maths. Un apr&#xe8;s midi aux urgences et une at&#xe8;le pendant un mois, voila qui devrait encourager &#xe0; plus de solidarit&#xe9; cette petite p&#xe9;tasse. Cl&#xe9;mentine a ouvert des yeux ronds en entendant ma fille lui d&#xe9;clamer tout &#xe7;a avec le calme, la s&#xe9;r&#xe9;nit&#xe9; et la pr&#xe9;cision dans les termes qui sied aux belles histoires. Nous avons, apr&#xe8;s &#xe7;a, march&#xe9; un moment le long du rivage sans parler, Chlo&#xe9; et moi avec un sourire en coin, Cl&#xe9;mentine le nez dans son cache col. Le bar du bout de la crique, au bord du port, nous a accueilli au chaud, et nous avons pris des chocolats avec du rhum, sauf Cl&#xe9;mentine qui ne voulait pas d&apos;alcool dedans. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; On a regard&#xe9; la mer derri&#xe8;re la baie vitr&#xe9;e, les oiseaux d&#xe9;crivant des arabesques incompr&#xe9;hensibles dans le ciel, chahut&#xe9;s par le vent dans leur vol idiot et beau. Il y avait un groupe de touristes anachroniques dans le fond, pr&#xe8;s de la chemin&#xe9;e, qui parlaient avec un accent du sud. Ils rigolaient bien, apparemment contents d&apos;&#xea;tre en Bretagne par un temps maussade. Il y avait un moustachu aux joues replettes qui racontait le mariage de sa soeur de fa&#xe7;on assez cocazce et suffisamment fort pour qu&apos;on ne rate rien de l&apos;histoire. Chlo&#xe9; est all&#xe9; leur dire de parler moins fort ou de raconter des choses plus int&#xe9;ressantes, quitte &#xe0; nous d&#xe9;ranger. Pour le coup, ils se sont tus, ce qu&apos;on ne leur avait pas demand&#xe9;, du reste. Ils ont marmonn&#xe9; vaguement pendant&amp;nbsp; deux ou trois minutes avant de payer leurs consommations et de repartir sous le vent et la pluie. Cl&#xe9;mentine &#xe9;tait belle comme tout, avec ses joues rosies par le froid, son cache col bariol&#xe9; et ses cheveux d&#xe9;coiff&#xe9;s par le vent, raidis par le sel. Je l&apos;ai embrass&#xe9;e. Chlo&#xe9; n&apos;a pas bronch&#xe9;. Elle est venue se mettre sur mes genoux et a redemand&#xe9; un autre chocolat, sans rhum cette fois. J&apos;&#xe9;tais tellement heureux que je n&apos;ai pas insist&#xe9;. Comme &#xe0; chaque fois que je suis d&#xe9;sempar&#xe9; devant une joie surprise, j&apos;ai obtemp&#xe9;r&#xe9; et laiss&#xe9; mon esprit se disperser dans les parages, se diluer sans bruit&amp;nbsp; dans les brumes ocres d&apos;un whiskey au gout de tourbe.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 18 Feb 2006 21:20:00 GMT</pubDate></item><item><title>lumi&#xe8;re, l&apos;aube que je tamise</title><dc:creator>herisson sauvage</dc:creator><link>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/11/2064566.html</link><comments>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/11/2064566.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://droledendroit.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2064566/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/11/2064566.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Il y a en cette femme une &#xe2;me aupr&#xe8;s de laquelle rien ne saurait rester vil. Dans les parages d&apos;une telle &#xe2;me, on se r&#xe9;sout &#xe0; s&apos;avouer pas si perdu ou mauvais, ou bien on ne reste pas. On se regarde en face, ou bien on ne supporte pas et on s&apos;en va. Pour les gens comme moi qui ne peuvent partir, tant ils sont &#xe9;pris, c&apos;est difficile de rester. Elle me fait pleurer, elle m&apos;absout, elle m&apos;enj&#xf4;le, elle me ferait presque&amp;nbsp; arr&#xea;ter de boire. Cl&#xe9;mentine, pourquoi restes tu ouverte &#xe0; quelqu&apos;un comme moi? Pourquoi t&apos;&#xe9;vertuer &#xe0; faire comme si &#xe7;a rimait &#xe0; quoi que ce soit, pourquoi sourire avec candeur &#xe0; cet homme d&#xe9;truit, nuisible et sarcastique? Tu me d&#xe9;passes, d&#xe9;cid&#xe9;ment.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Me voila &#xe0; bavasser comme je ne l&apos;avais pas fait depuis belle lurette, &#xe0; envisager des lendemains qui rechantent, tout en sachant que, mauvais karma aidant, je me suis engag&#xe9; sans doute trop loin pour qu&apos;une nouvelle hypoth&#xe8;se de r&#xe9;mission puisse sembler cr&#xe9;dible &#xe0; quiconque d&apos;un peu sens&#xe9;. Mon sentier caillouteux, pourri. Un sentier plus sauvage et bancal, Cl&#xe9;mentine, qui ne saurait admettre que tu demeures aux alentours sans morfler. C&apos;est &#xe7;a le plus dur, Cl&#xe9;mentine. Pour un peu, tu sais, je me sentirais capable, avec toi. Mais l&#xe0;, au pied du mur, &#xe0; la lueur de la tournure qu&apos;ont pris les choses, comment ne pas voir que tu vas &#xea;tre meurtrie, un jour ou l&apos;autre? Le pire, c&apos;est que je continue quand m&#xea;me &#xe0; faire comme si, &#xe0; ne pas te dire, &#xe0; te fr&#xe9;quenter, parce que &#xe7;a m&apos;importe trop, parce que je suis incapable d&#xe9;sormais de me passer de ce que tu m&apos;apportes. &lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Avant je vivais sans, &#xe7;a allait, et j&apos;aurais pu continuer. Mais maintenant ce n&apos;est plus possible, je n&apos;aurais pas la force de poursuivre sans cette force et ce bonheur imm&#xe9;rit&#xe9; que je ressens &#xe0; tes c&#xf4;t&#xe9;s.&lt;br /&gt;Pardon.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 11 Feb 2006 07:19:00 GMT</pubDate></item><item><title>mon pied dans ton nez, encul&#xe9;</title><dc:creator>herisson sauvage</dc:creator><link>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/08/2037272.html</link><comments>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/08/2037272.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://droledendroit.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2037272/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/08/2037272.html</guid><description>&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Hier soir, j&apos;ai encore frapp&#xe9; la gueule d&apos;un sale con. C&apos;est plus fort que moi, en ce moment, &#xe7;a a tendance &#xe0; devenir une habitude. Je ne trouve pas &#xe0; y redire, de toutes fa&#xe7;ons. Certaines personnes m&#xe9;ritent de se faire frapper, je trouve. Et c&apos;est con comme les gens n&apos;osent pas, alors que, quand m&#xea;me, c&apos;est plaisant.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Bon, une fois n&apos;est pas coutume, hein, j&apos;avais bu. Le gars n&apos;a pas senti le coup venir, c&apos;&#xe9;tait sans doute le genre habitu&#xe9; &#xe0; ce qu&apos;on ne le contredise pas m&#xea;me et surtout quand il est odieux. Du coup, &#xe7;a l&apos;a cueilli &#xe0; sec, et il a pleur&#xe9; sa m&#xe8;re &#xe0; genoux en se tenant les couilles. Connard. Il avait insult&#xe9; un de mes amis, faut dire. Et &#xe7;a, on ne me reprochera pas de d&#xe9;fendre l&apos;honneur de mes amis, en tout cas on aurait tort. je te l&apos;ai chop&#xe9; par derri&#xe8;re, le gars, un bon coup de pompes dans le bas du dos, l&#xe0; o&#xf9; &#xe7;a fait bien mal, et une fois pli&#xe9; en deux je lui ai savat&#xe9; la gueule contre le comptoir. Le temps que Magali fasse le tour dudit comptoir, me ceinture et me dise de foutre le camp, j&apos;en avais fini avec lui. Ce fut bref et sec comme un coup de trique, de ceux qu&apos;on n&apos;oublie pas et qu&apos;on savoure longtemps apr&#xe8;s. Je suis sorti la rage au coeur, le feu sous la tignasse, j&apos;avais soif.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Chez moi il restait du bourbon, et &#xe7;a s&apos;est bien pass&#xe9;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 08 Feb 2006 20:43:00 GMT</pubDate></item><item><title>Pour l&apos;honneur du chanteur</title><dc:creator>herisson sauvage</dc:creator><link>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/05/2028121.html</link><comments>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/05/2028121.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://droledendroit.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2028121/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/05/2028121.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Hier soir, l&apos;after-show de Francis a failli tourner court. C&apos;est un candide, Francis, et toute sa vie il l&apos;aura pay&#xe9;, rubis sur l&apos;ongle, dans la fa&#xe7;on dont mles gens le traitaient et le regardaient, mais il y a une forme de noblesse cr&#xe9;tine mais ind&#xe9;niable dans son obstination &#xe0; rester lui m&#xea;me. A se montrer, tel quel, pas n&#xe9;gociable, donc lourdingue, mais franc du collier. Pr&#xe9;visible et incontr&#xf4;lable &#xe0; la fois. Avec ses bottes, ses passions idiotes et absolues, son allure anachronique et ses d&#xe9;clarations sans ambages, il est de ceux qu&apos;on adopte en connaissance de cause. Le kit complet, &#xe0; assumer. Mais jamais son amiti&#xe9; ne m&apos;a fait d&#xe9;faut, m&#xea;me aux moments de ma vie o&#xf9; j&apos;aurais aim&#xe9; qu&apos;il m&apos;abandonne. Francis est un homme entier, &amp;quot;pas un demi &#xe9;cr&#xe9;m&#xe9;&amp;quot;, comme je me plais &#xe0; le lui rappeler chaque fois que je veux le flatter pour en obtenir quelque chose. Bref. Un &#xea;tre inconditionnel par essence ou par choix. Et hier, d&#xe9;cid&#xe9;ment, on n&apos;a pas eu le choix. La totale.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; On peut aimer quelqu&apos;un sans se reconna&#xee;tre dans ce qu&apos;il fait. C&apos;est mon cas avec Francis comme avec Etienne, Marl&#xe8;ne, Jean et quelques autres des c&#xe9;l&#xe9;brit&#xe9;s qu&apos;il m&apos;arrive de compter parmi mes amis. Je suis donc sereinement dispos&#xe9; &#xe0; subir le concert priv&#xe9; de notre fringant chanteur sans que mon verre de martiny tremble pour d&apos;autres raisons qu&apos;une fatigue momentan&#xe9;e aux premi&#xe8;res lueurs de l&apos;aube. Il en faut plus pour me donne run ulc&#xe8;re. Certains, pourtant, dans la petite troupe de gens convi&#xe9;s &#xe0; cet apr&#xe8;s concert, se sont montr&#xe9;s moins patients, moins endurants, au point d&apos;en devenir d&#xe9;sobligeants. M&apos;est alors venu l&apos;envie de me faire remarquer. Alors que les remarques narquoises, les sarcasmes sans discr&#xe9;tion, les insultes d&#xe9;tourn&#xe9;es, commen&#xe7;aient &#xe0; parvenir aux oreilles de Francis, je me suis lev&#xe9;, j&apos;ai quitt&#xe9; ma table dans le fond de la petite cave am&#xe9;nag&#xe9;e qui nous servait de repaire, et je me suis tranquillement avanc&#xe9; vers le groupe de malotrus qui aboyait son m&#xe9;pris avec des sourires hypocrites. J&apos;en ai pris un par les cheveux, un autre par les narines, je les ai soulev&#xe9; sans m&#xe9;nagement en sentant c&#xe9;der des choses sous mes doigts, et j&apos;ai fait se rencontrer leurs t&#xea;tes de connards avec mes genoux anguleux. Je dois dire que &#xe7;a m&apos;a fait bien un bien fou, je dois dire &#xe9;galement qu&apos;il n&apos;en a pas &#xe9;t&#xe9; de m&#xea;me en ce qui les concerne, mais c&apos;&#xe9;tait le but. Ignorant l&apos;assembl&#xe9;e sous le coup de l&apos;esclandre, ignorant mon gars Francis qui, ayant arr&#xea;t&#xe9; sa chanson, secouait sa belle et longue tignasse de geai pour se chercher un mot appropri&#xe9;, j&apos;ai catapult&#xe9; la table o&#xf9; ces enfoir&#xe9;s avaient pos&#xe9; leurs cocktails offerts par celui qu&apos;ils raillaient. Je l&apos;ai catapult&#xe9;e avec une furie d&apos;homme soul, dans le bidon veule et &#xe9;l&#xe9;gamment attif&#xe9; de ces raclures mondaines. Une femme a pouss&#xe9; un geignement &#xe9;touff&#xe9; dans le choc, une autre n&apos;a pas eu &#xe0; trop morfl&#xe9; car son mari &#xe9;tait suffisamment pansu pour amortir le choc et se contenter de souffrir pour deux. Je devais avoir l&apos;air un peu sauvage, les yeux fous, suant l&apos;alcool et une juste col&#xe8;re. Je me suis tourn&#xe9; vers Francis, dont je sentais la pr&#xe9;sence g&#xe9;n&#xe9;e et diplomate derri&#xe8;re moi, et je me suis dout&#xe9; que personne n&apos;avait rien compris, ou alors que tous pr&#xe9;f&#xe9;raient manifestement des sarcasmes &#xe0; une bagarre.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; J&apos;ai dit quelque chose &#xe0; mon ami bafou&#xe9;, lui reprochant d&apos;&#xea;tre tol&#xe9;rant &#xe0; l&apos;&#xe9;gard des immondes, lui qui n&apos;appartenait pas &#xe0; leur meute, et je suis parti sans regard pour quiconque. Je suis sorti du restaurant, j&apos;ai pris ma voiture avec la jouissance cr&#xe9;tine et assassine du mec soul qui s&apos;enivre &#xe0; l&apos;id&#xe9;e de perdre le contr&#xf4;le et j&apos;ai roul&#xe9; je ne sais o&#xf9; pendant je ne sais combien de temps, jusqu&apos;&#xe0; me retrouver &#xe0; mon h&#xf4;tel. J&apos;ai bu beaucoup d&apos;eau, je n&apos;ai pas dormi, j&apos;ai appel&#xe9; Cl&#xe9;mentine, je l&apos;ai r&#xe9;veill&#xe9;e sans m&apos;excuser, et nous avons longuement, tr&#xe8;s longuement, parl&#xe9;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 05 Feb 2006 12:50:00 GMT</pubDate></item><item><title>corps loyal, traine mis&#xe8;re et autres volupt&#xe9;s m&#xe9;diocres et pr&#xe9;cieuses</title><dc:creator>herisson sauvage</dc:creator><link>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/04/2020323.html</link><comments>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/04/2020323.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://droledendroit.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2020323/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://droledendroit.canalblog.com/archives/2006/02/04/2020323.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; J&apos;ai menti plus que de raison, mais personne ne m&apos;arrachera un mea culpa. Rien de tout &#xe7;a ne m&#xe9;rite qu&apos;on rende des comptes. Moi je rends les coups, c&apos;est tout. J&apos;ai encaiss&#xe9;, j&apos;ai donn&#xe9; des morfl&#xe9;es plus qu&apos;&#xe0; mon tour, aussi, mais j&apos;ai aim&#xe9;, surtout, j&apos;ai aim&#xe9; et j&apos;aime toujours, sans entraves, sans calcul, sans r&#xe9;mission.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; La vie m&apos;a ballot&#xe9; plus que de raison, et je me suis sans doute laiss&#xe9; promener avec la complaisance de celui qui se croit au th&#xe9;&#xe2;tre, qui se dit que &#xe7;a ne mange pas de pain, et qu&apos;on verra bien ce qui se passe quand quelqu&apos;un rallumera les lumi&#xe8;res. Je suis tr&#xe8;s probablement un peu con sur les bords, un peu veule bien au fond, un tantinet salopard &#xe0; mes heures, et pourtant, on m&apos;aime, on m&apos;aime, on m&apos;aime. Pas longtemps. Pas tr&#xe8;s fort. Pas vraiment. Assez pour que le sourire demeure, assez pour que l&apos;alcool suffise &#xe0; figer mes humeurs dans des d&#xe9;tours sereins.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Je veux toujours mordre dedans, vous savez. A pleines dents, vraies ou fausses. Je veux toujours me cogner dans sa couenne, &#xe0; la vie, rugueuse, hideuse, calamiteuse et qui pue de la gueule. Je n&apos;ai pas fini mon tour de man&#xe8;ge, pas fini d&apos;explorer par o&#xf9; &#xe7;a coince et par o&#xf9; &#xe7;a couine, &#xe0; quatre pattes, fcomme les animaux compliqu&#xe9;s que nous sommes tous, vous et moi. Vous m&apos;int&#xe9;ressez. Je ne m&apos;intresse pas beaucoup, mais je m&apos;utilise tr&#xe8;s bien pour en apprendre sur vous. Vous et les autres. Que je fr&#xe9;quente. Que j&apos;engendre, aussi, parfois, par inadvertance (pardon, vraiment). Allez, on ne se quitte pas f&#xe2;ch&#xe9;s. Je cr&#xe8;verai bient&#xf4;t, comme vous, il y a de la place pour tous. L&apos;humour vient &#xe0; bout de tout, comme la vodka polonaise. &lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Qu&apos;on se le dise, je reste, j&apos;&#xe9;tais l&#xe0; avant, je ne c&#xe8;de rien, et surtout pas ma place. Je reviens de loin, je suis ras&#xe9; de pr&#xe8;s, j&apos;ai les crocs, j&apos;ai la p&#xea;che et, nom de Dieu, &#xe7;a va faire mal.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 04 Feb 2006 09:43:00 GMT</pubDate></item><item><title>Scandale dans la famille des autres</title><dc:creator>herisson sauvage</dc:creator><link>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/12/23/1274757.html</link><comments>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/12/23/1274757.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://droledendroit.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1274757/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/12/23/1274757.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; J&apos;en ris encore.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Encore un restaurant o&#xf9; je ne suis pas pr&#xea;t de remettre les pieds, mais on ne peut pas dire que &#xe7;a me ruine le coeur outre mesure. Ma vieille peau d&apos;amante non plus, je ne suis pas pr&#xea;t de la revoir, je le crains. Dommage, elle a un go&#xfb;t exquis en mati&#xe8;re de whiskey et connaissait mes pr&#xe9;f&#xe9;rences par coeur, depuis le temps. Enfin bon, justement, ne pr&#xe9;sageons pas de l&apos;avenir, nous avons une longue histoire commune, Sylvie et moi. Elle a d&#xe9;j&#xe0; claqu&#xe9; la porte de nos accointances corporelles plus d&apos;une fois, devant mes outrances de comportement ou mes manques de maturit&#xe9; dans nos relations. Elle est toujours revenue, par la petite ou la grande porte, en faisant g&#xe9;n&#xe9;ralement comme s&apos;il ne s&apos;&#xe9;tait rien pass&#xe9;, et nous avons repris l&#xe0; o&#xf9; nous en &#xe9;tions. Mes appats feront peut-&#xea;tre &#xe0; nouveau leur oeuvre cette fois ci.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Mais tout de m&#xea;me. Je crois que la pantalonnade valait les dommages inflig&#xe9;s, mais quelle soir&#xe9;e ! Quand j&apos;aurai fini de rire, j&apos;y r&#xe9;fl&#xe9;chirai davantage, pour le moment je me laisse porter par la vague qui me secoue les c&#xf4;tes. Mais bon, &#xe0; ma d&#xe9;charge, je dis quand m&#xea;me tout de suite que je ne pouvais pas me douter... Enfin bref, c&apos;est du tr&#xe8;s bon.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Moi, je venais beno&#xee;tement en accompagnateur galant de mon &#xe9;l&#xe9;gante Sylvie, pour partager un bon repas avec deux couples dont je flairais d&apos;&#xe9;ventuelles dispositions prometteuses. Je ne sais pas ce qu&apos;attendaient les autres, mais &#xe0; pr&#xe9;sent, peu importe, &#xe0; vrai dire. Le sort a attendu la fin de l&apos;ap&#xe9;ritif avant de sonner le glas de nos esp&#xe9;rances respectives.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Il y avait l&#xe0; Michel et Anne-Sophie, des commer&#xe7;ants faussement sympa et d&#xe9;contract&#xe9;s, bouffis de fric gagn&#xe9; dans la crispation et d&#xe9;pens&#xe9; dans la fr&#xe9;n&#xe9;sie, de faux h&#xe9;donistes &#xe0; qui je ne donnais gu&#xe8;re plus de 10 ans d&apos;esp&#xe9;rance de vie, au vu de leurs mines gorg&#xe9;es d&apos;exc&#xe8;s mal encaiss&#xe9;s. Leur discussion &#xe9;tait affligeante, leurs go&#xfb;ts atroces et arrogants, mais ils &#xe9;taient souriants et pas enclins &#xe0; l&apos;hypocrisie, ce qui est d&#xe9;j&#xe0; &#xe7;a. Il y avait Alain et Maud, des bourgeois de province faussement classiques, en ce sens que Madame &#xe9;tait avocate et monsieur homme au foyer (cadre vir&#xe9; lors d&apos;un plan social de sa boite, reconverti en papa poule autoproclam&#xe9; en chantre de la modernit&#xe9; conjugale), tous deux apparemment r&#xe9;ac et s&#xe9;rieux, en fait tr&#xe8;s &#xe0; l&apos;aise. C&apos;est quand on a commenc&#xe9; &#xe0; &#xe9;voquer nos enfants respectifs, que &#xe7;a a commenc&#xe9; &#xe0; d&#xe9;g&#xe9;n&#xe9;rer.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; J&apos;ai vaguement parl&#xe9; des miens, Chlo&#xe9; et le grand, en &#xe9;ludant avec humour le sujet et feignant de m&apos;int&#xe9;resser &#xe0; la prog&#xe9;niture des autres pour enfoncer le clou. Sylvie a une fille de 16 ans, an&#xe9;mique et coca&#xef;nomane, donc on vite cherch&#xe9; &#xe0; &#xe9;couter les d&#xe9;boires parentaux des autres. Et, bien s&#xfb;r, c&apos;&#xe9;tait gratin&#xe9;. L&apos;ambiance &#xe9;tait plut&#xf4;t joviale, chacun y allait de sa petite vanne vacharde pour casser du sucre sur le dos de leurs bambins. Pas question entre quadras ou quinquas de se la jouer &amp;quot;ces bijoux sacr&#xe9;s plus chers que la prunelle de nos yeux&amp;quot; ou &amp;quot;nous avons tout sacrifi&#xe9; pour eux&amp;quot;. La d&#xe9;sinvolture &#xe9;tait de mise.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Et puis, alors que tout en conversant entre gens de bonnes soci&#xe9;t&#xe9; d&apos;allure bonhomme, on s&apos;appr&#xe9;tait &#xe0; savourer l&apos;entr&#xe9;e qui venait de nous &#xea;tre servie, voila-t-y pas qu&apos;Alain et Maud sortent du sac &#xe0; main de la susnomm&#xe9;e un petit album photo de poche. Pour nous montrer leur fille Astrid, qu&apos;ils disaient. Celle qu&apos;ils allaient marier, en d&#xe9;sespoir de cause, au printemps prochain. Celle dont ils s&apos;&#xe9;vertuaient &#xe0; dire, quelques instants plus t&#xf4;t, qu&apos;elle &#xe9;tait la seule de leurs quatre marmots &#xe0; avoir gard&#xe9; le droit chemin. Au point de se d&#xe9;sint&#xe9;resser des gar&#xe7;ons, c&apos;est dire, mais enfin l&#xe0;, un brave &#xe9;tudiant pr&#xe9;parant l&apos;&#xe9;cole des Mines et son avenir brillamment chiant avait d&#xe9;croch&#xe9; le pompon en lui tapant dans l&apos;oeil. Et donc, hop, photo des tourtereaux, faites tourner, elle est-y pas belle notre fille, fruit de nos entrailles, avec son joli sourire et ses cheveux blonds comme les bl&#xe9;s non-OGM. Et la photo m&apos;est venue entre les mains. Et j&apos;ai vu les deux tourtereaux, et je l&apos;ai reconnue, elle, tout de suite, et j&apos;ai &#xe9;clat&#xe9; de rire avant m&#xea;me de songer &#xe0; m&apos;en emp&#xea;cher.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Tout le monde m&apos;a regard&#xe9; un peu bizarrement, qui avec un sourire en coin un peu timide, qui avec un regard des plus ahuris, comme si j&apos;&#xe9;tais un ami &#xe9;pileptique en proie &#xe0; une crise un peu malvenue au moment de savourer l&apos;entr&#xe9;e. Je me tordais les c&#xf4;tes pour de bon, m&apos;esclaffant sans pouvoir parler, de fa&#xe7;on assez incompr&#xe9;hensible ; je voyais bien que Sylvie me foudroyait timidement du regard, cherchant une explication &#xe0; ce comportement si incongru. J&apos;en avais les larmes aux yeux, j&apos;essayais de reprendre contenance. Pfiou... Alors comme &#xe7;a elle s&apos;appelait Astrid, &amp;quot;en vrai&amp;quot;. Et elle allait se marier. La bonne blague. Je ne m&apos;en remttais pas, d&#xe9;cid&#xe9;ment. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; C&apos;est l&#xe0; que m&apos;est venue la mauvaise id&#xe9;e, c&apos;est l&#xe0; que j&apos;aurais du, surtout, ne pas c&#xe9;der &#xe0; l&apos;envie de v&#xe9;rifier. L&apos;avais-je sur moi? Bon, je pense avec le recul que je devais &#xea;tre d&#xe9;j&#xe0; un peu soul, ce qui explique que je n&apos;ai pas r&#xe9;fl&#xe9;chi davantage et que je ne me sois pas contr&#xf4;l&#xe9;. Je me suis mis &#xe0; fouiller dans les poches int&#xe9;rieures de ma veste, jusqu&apos;&#xe0; ce que ma main sente le cuir &#xe9;lim&#xe9; de mon petit porte-feuilles. J&apos;ai sorti l&apos;objet, sous les yeux toujours surpris de mes comparses, qui ne songeaient plus gu&#xe8;re &#xe0; savourer l&apos;entr&#xe9;e, et je l&apos;ai trouv&#xe9;e. Ma photo d&apos;Astrid. Je l&apos;ai sortie de l&apos;album et je l&apos;ai pos&#xe9;e sur la table, entre deux assiettes, devant les parents de la future mari&#xe9;e. Et j&apos;ai continu&#xe9; &#xe0; me consacrer &#xe0; mon fou rire. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Personne n&apos;a touch&#xe9; &#xe0; la photo. Mais tout le monde l&apos;a vue. Elle &#xe9;tait plut&#xf4;t r&#xe9;ussie, d&apos;ailleurs, surtout si on prend on consid&#xe9;ration le fait qu&apos;elle avait &#xe9;t&#xe9; prise dans une cave. T&#xe9;moin fragmentaire d&apos;une jolie fin d&apos;apr&#xe8;s-midi d&#xe9;brid&#xe9;e avec une jeune inconnue dont j&apos;avais dout&#xe9; entendre un jour le pr&#xe9;nom. Je n&apos;avais nulle intention de leur dire les tenants et aboutissants de la photo, de ce qui s&apos;&#xe9;tait pass&#xe9; au cours des semaines suivantes, mais le contraste entre les deux clich&#xe9; &#xe9;tait tellement dr$ole, je n&apos;avais pas su m&apos;emp&#xea;cher, malotru que j&apos;&#xe9;tais. Je me suis lev&#xe9;, j&apos;ai repris la photo, ai bredouill&#xe9; des excuses entre deux spasmes de rire et je suis sorti du restaurant. Je pense que l&apos;ambiance a du retomber, et que, tout compte fait, personne n&apos;a vraiment savour&#xe9; l&apos;entr&#xe9;e. Pardon Sylvie, promis, je ne le referai plus. Mais par piti&#xe9;, la prochaine fois, choisis mieux tes invit&#xe9;s.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 23 Dec 2005 16:14:00 GMT</pubDate></item><item><title>insolent cirque</title><dc:creator>herisson sauvage</dc:creator><link>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/12/19/1247029.html</link><comments>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/12/19/1247029.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://droledendroit.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1247029/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/12/19/1247029.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Dimanche, je suis all&#xe9;
voir ma fille. Cela faisait un bon mois que je ne l&apos;avais pas enlev&#xe9;e &#xe0;
sa m&#xe8;re, ce dont cette derni&#xe8;re ne manquait pas, tant&#xf4;t de se plaindre,
tant&#xf4;t de tirer fiert&#xe9; et soulagement. Ce serait toujours &#xe7;a de pris, ou
plutot de soustrait &#xe0; mon influence n&#xe9;faste. Qu&apos;ont-ils donc, tous ces
adultes mal ferment&#xe9;s, &#xe0; sous estimer les gosses ? A leur faire injure? Chlo&#xe9; n&apos;a jamais eu
besoin de se trouver sous influence pour cultiver son aptitude &#xe0; nuire.
Pour cracher sur son prochain. D&apos;instinct. Son prochain, d&apos;embl&#xe9;e elle l&apos;a honni et vou&#xe9; aux g&#xe9;monies. Et c&apos;est
une active, ma gamine. Quand elle honnit, elle rentre dans le chou direct,
crocs en avant. Ce qui, &#xe9;trangement, ne l&apos;a jamais emp&#xea;ch&#xe9;e de sourire
avec candeur.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Si j&apos;avais un brin d&apos;orgueil moisi dans
la mauvaise foi la plus moite, je pr&#xe9;tendrais sans d&#xe9;tours qu&apos;elle me
doit une partie de ce temp&#xe9;rament bien affirm&#xe9;, mais il n&apos;en est rien. Et plus je la
c&#xf4;toie, plus elle m&apos;en apprend sur la spontan&#xe9;it&#xe9; avec laquelle on peut
r&#xe9;clamer sa part de jouissance, innocemment, sans rendre de compte &#xe0;
personne. Pour moi, bien s&#xfb;r, il est d&#xe9;j&#xe0; trop tard : ma r&#xe9;serve de
candeur est &#xe0; jamais envol&#xe9;e et ce, depuis belle lurette. Mais elle,
elle n&apos;en finit pas d&apos;&#xea;tre prometteuse &#xe0; force de s&apos;en foutre. Le
respect se m&#xe9;rite, semble-t-elle vous dire en vous regardant dans les
yeux, juste avant de vous marcher sur les pieds de ses jolis souliers
vernis. Une peste, une garce, une b&#xe9;n&#xe9;diction.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Quand
nous sommes all&#xe9;s nous promener, elle m&apos;a racont&#xe9; sa semaine, elle a
d&#xe9;peint avec pr&#xe9;cision la m&#xe9;diocrit&#xe9; de ses camarades de classe (les
filles surtout) et leur cr&#xe9;tinerie de groupe (les gar&#xe7;ons, surtout,
encore que...), avant de s&apos;embarquer dans un long monologue sur moi,
sur la fa&#xe7;on dont &amp;quot;&lt;em&gt;grave j&apos;assurais pas&lt;/em&gt;&amp;quot; en la laissant ainsi livr&#xe9;e &#xe0;
elle m&#xea;me. &amp;quot;&lt;em&gt;Chlo&#xe9;, &lt;em&gt;lui dis-je,&lt;/em&gt; tu es tout sauf livr&#xe9;e &#xe0; toi m&#xea;me. En
une minute de pr&#xe9;sence, ta m&#xe8;re veille sur toi bien mieux que je ne le
ferai jamais dans toute ma vie.&lt;/em&gt;&amp;quot; Elle m&apos;a tois&#xe9; avec la consternation
feinte des grandes actrices du muet, et m&apos;a balanc&#xe9; sa petite bombe
Barbie enrichie &#xe0; l&apos;uranium lourd : &amp;quot;&lt;em&gt;Papa, piti&#xe9; : Maman s&apos;est trouv&#xe9;
un mec. C&apos;&#xe9;tait d&#xe9;j&#xe0; la cata avant, mais l&#xe0; elle vire carr&#xe9;ment
niaiseuse. Je vais finir enfant de choeur si tu ne me kidnappes pas&lt;/em&gt;.&amp;quot;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; La menace avait de quoi faire peur. Apr&#xe8;s tout, &lt;u&gt;&lt;em&gt;moi&lt;/em&gt;&lt;/u&gt;,
j&apos;avais &#xe9;t&#xe9; enfant de choeur. Je me suis content&#xe9; d&apos;encaisser la
nouvelle et de changer de conversation apr&#xe8;s quelques propos dont la
banalit&#xe9; n&apos;avait rien de rassurant, je le crains. Nous sommes all&#xe9;s voir
un film interdit aux moins de 12 ans (la dame au guichet de l&apos;Arvor n&apos;a
rien os&#xe9; me dire), une histoire bi&#xe9;lorusse de cirque improbable, au cours de laquelle des petits singes &#xe9;taient &#xe9;visc&#xe9;r&#xe9;s devant
une cam&#xe9;ra DV mal tenue, et puis je me suis endormi, donc j&apos;avoue ne
pas avoir suivi la suite de l&apos;intrigue. Disons que &#xe7;a avait l&apos;air
glauque et assez pessismiste, ce que la grimace palote de Chlo&#xe9; a fini
de me convaincre lorsque nous sommes ressortis. Mais il n&apos;y a rien
qu&apos;un hamburger et des frites ne puissent faire oublier &#xe0; une citadine
futile de moins de 8 ans. Si &#xe7;a ne marche pas, doublez la dose.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 19 Dec 2005 19:01:00 GMT</pubDate></item><item><title>cigarette, douche, traquenard intime</title><dc:creator>herisson sauvage</dc:creator><link>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/12/18/1245438.html</link><comments>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/12/18/1245438.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://droledendroit.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1245438/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/12/18/1245438.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Je fume une clope pour
contrer l&apos;odeur de merde. Clara est allong&#xe9;e pr&#xe8;s de moi, elle me
tourne le dos. On en a foutu un peu partout, j&apos;en ai bien peur, mais &#xe0;
vrai dire, dans l&apos;obcurit&#xe9; de la chambre d&apos;hotel, on baigne dans le
flou artistique. Le bras qui ne tient pas ma cigarette est pass&#xe9; sous
son cou, et ma main gentiment caresse son sein lourd.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;
C&apos;&#xe9;tait bien. C&apos;&#xe9;tait tr&#xe8;s bien. On s&apos;est trouv&#xe9;s, il n&apos;y a rien
d&apos;autre &#xe0; en dire. On se cherchait, on s&apos;est trouv&#xe9;s. Du d&#xe9;but &#xe0; la
fin, un jeu d&apos;affam&#xe9;s pas civilis&#xe9;s pour un sou, plus brutal que je ne
l&apos;aurais voulu, mais sans regrets aucun. Sa respiration est empes&#xe9;e
mais sereine, Clara reprend pied et se masse les poignets. Cela ne
fait qu&apos;une ou deux minutes que je l&apos;ai d&#xe9;tach&#xe9;e. A quoi ressemble son
visage apr&#xe8;s la sodomie, voil&#xe0; &#xe0; quoi je pense en lui caressant les
cheveux, prenant garde &#xe0; ne pas y faire tomber de cendre de clope. A
quoi ressemble une jeune fille assouvie et violent&#xe9;e, qui n&apos;a eu qu&apos;&#xe0;
boire juqu&apos;&#xe0; la lie la coupe ivre qu&apos;elle avait command&#xe9;e. Voila &#xe0; quoi
je pense. A &#xe7;a et &#xe0; Cl&#xe9;mentine. A &#xe7;a, et &#xe0; mes ennuis. &lt;br /&gt; 
&amp;nbsp; Il faudra plus qu&apos;une fille charnue pour chasser la sueur
froide. Il faudra plus qu&apos;un peu de frottis peau contre&amp;nbsp; peau pour
d&#xe9;m&#xea;ler l&apos;angoisse qui me noue les tripes. Ce n&apos;est pas que &#xe7;a aille
mal. C&apos;est juste que j&apos;ai une boule de peur pure et froide qui vibre dans mon ventre, &#xe0; l&apos;id&#xe9;e que des choses s&#xe9;rieuses &#xe0; nouveau se produisent dans ma vie. Et la boule froide et vibrante ne se r&#xe9;tracte jamais assez pour que je sois pleinement &#xe0; ce que je fais, m&#xea;me quand je
suis en pleine saillie. C&apos;est agr&#xe9;able, mais je devrais &#xea;tre ailleurs.
Clara pourrait &#xea;tre ma fille, comme la plupart de celles que j&apos;ai
culbut&#xe9;es depuis quelques mois, et on peut sans doute l&#xe9;gitimement trouver que ce sont des circonstances aggravantes.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Je me
rel&#xe8;ve doucement, je l&apos;embrasse sur l&apos;&#xe9;paule et je sors du lit. Dans la
salle de bain exigu&#xeb; de l&apos;h&#xf4;tel bon march&#xe9;, je me lave sans allumer la
lumi&#xe8;re. La sueur, la merde, le sperme, &#xe7;a et les autres s&#xe9;cr&#xe9;tions
intimes d&apos;un moment d&#xe9;brid&#xe9; comme ceux apr&#xe8;s lesquels j&apos;ai couru la
majeure partie de ma vie. Je ne vois pas grand chose sous la douche,
les odeurs partent sous l&apos;eau chaude et le savon, la tension en toxines
exud&#xe9;e se d&#xe9;fait cette fois tout &#xe0; fait de mon corps &#xe9;puis&#xe9;. Trop de
nuits sans dormir comme il faut, trop de plans saum&#xe2;tres et de coups de
fils &#xe0; des heures indues. Clara me rejoint. Je l&apos;embrasse et la lave
tr&#xe8;s doucement, tr&#xe8;s tendrement. Nous ne nous reverrons jamais.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 18 Dec 2005 12:03:00 GMT</pubDate></item><item><title>altercation f&#xe9;conde - s&#xe9;quelles et prescriptum</title><dc:creator>herisson sauvage</dc:creator><link>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/08/18/831549.html</link><comments>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/08/18/831549.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://droledendroit.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/831549/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/08/18/831549.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Apr&#xe8;s avoir bott&#xe9; le cul
de quelqu&apos;un, on est presque capable de le respecter &#xe0; nouveau. Je veux
dire, quand on se prend une bonne trampe, de la s&#xe9;v&#xe8;re et de la
costaude, on a droit &#xe0; la parole. Pour aggraver son cas ou, au
contraire, passer &#xe0; autre chose. Ivan, je n&apos;ai jamais regrett&#xe9; de lui
doudouner la couenne. C&apos;est le genre d&apos;acte fondateur, virilement con
et donc fondamental, qui nous d&apos;embl&#xe9;e mis sur des rails int&#xe9;ressants.&lt;br /&gt; 
&amp;nbsp; La terreur de la violence est tout &#xe0; fait l&#xe9;gitime. Rien n&apos;est
plus redoutable que la brutalit&#xe9; sans garde-fou. Attention, je ne parle
pas de la douleur. On peut aussi avoir peur de la douleur, et ce, de
fa&#xe7;on tout aussi l&#xe9;gitime. Mais &#xe7;a n&apos;a pas forc&#xe9;ment &#xe0; voir avec la
violence. Je ne suis pas attir&#xe9; par l&apos;exploration de la douleur, comme
volupt&#xe9;, comme sanction dos&#xe9;e et auto-inflig&#xe9;e, bref je ne suis ni
sadique ni masochiste. Mais de la m&#xea;me fa&#xe7;on qu&apos;on peut avoir mal sans
&#xe9;prouver la violence, on peut &#xe9;galement infliger une violence terrible
sans&amp;nbsp; provoquer de douleur physique directe. C&apos;est justement parce
que la terreur spontan&#xe9;e que l&apos;on a de la violence qui nous menace est
quelque chose de profond et de puissant, parce que c&apos;est une trouille
&#xe9;ternelle, jamais &#xe9;touff&#xe9;e, que c&apos;est un angle superbe pour aborder la
vie.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Entendons nous bien. On ne vit pas que de cette
approche sans se consumer ou se tordre. Croyez moi. Et ce n&apos;est pas mon
cas. Merci bien. N&apos;emp&#xea;che, c&apos;est passionnant, m&#xea;me s&apos;il faut parfois
savoir se maintenir en retrait des domaines passionnants et dangereux.&lt;br /&gt; 
&amp;nbsp; Devant un verre de Glenfiddish (j&apos;avais pris une bouteille dans
mon coffre, devant l&apos;indigence de la carte du bar de la
station-service, pas une seule vraie boisson alcoolis&#xe9;e), Ivan et moi
avons discut&#xe9;. C&apos;&#xe9;tait &#xe9;trange, lui le visage tum&#xe9;fi&#xe9; et brillant par
les plaies. Moi &#xe9;nerv&#xe9;, rougeaud encore un peu, de rage et de
d&#xe9;foulement brutal. Et l&apos;&#xe9;trange fa&#xe7;on qu&apos;il avait d&apos;accepter &#xe7;a, de ne
pas m&apos;en tenir rigueur. genre &amp;quot;c&apos;est bon, c&apos;est arriv&#xe9;, bon, ben on
passe &#xe0; autre chose, hein, on ne va pas en faire une maladie&amp;quot;.
Etonnant. C&apos;&#xe9;tait peut-&#xea;tre quelqu&apos;un qui aimait &#xe7;a, qui avait une
personnalit&#xe9; soumise et docile, mentalement inapte &#xe0; se rebiffer, qui
n&apos;en verrait pas l&apos;utilit&#xe9;. Peut-&#xea;tre &#xe9;tait-ce plus subtil que &#xe7;a.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Nous avons discut&#xe9; longtemps, pos&#xe9;ment, amicalement, pour terminer, tr&#xe8;s tard le matin alors que l&apos;alcool avait fini par nous faire d&#xe9;faut, un brin fatigu&#xe9;s et donc extr&#xea;mement lucides ou compl&#xe8;tement azimut&#xe9;s (on ne saura jamais). Et c&apos;est pr&#xe9;cis&#xe9;ment dans ce petit matin inhumain de station-service 24/24 que nous vint l&apos;i&lt;u&gt;d&#xe9;e de g&#xe9;nie&lt;/u&gt;. De celles qui apparaissent d&apos;embl&#xe9;e comme profond&#xe9;ment idiotes, justes et d&#xe9;raisonnables, voire dangereuses. Donc trop tentantes pour qu&apos;on ne c&#xe8;de pas &#xe0; leur appel. Surtout dans notre &#xe9;tat. Dans les lueurs blafardes qui se jetaient sur nos visages tordus, nos regards scell&#xe8;rent un pacte muet dont nous aurions tout le temps ensuite de voir la folie bancale.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 18 Aug 2005 15:39:00 GMT</pubDate></item><item><title>altercation f&#xe9;conde (2)</title><dc:creator>herisson sauvage</dc:creator><link>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/08/17/829959.html</link><comments>http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/08/17/829959.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://droledendroit.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/829959/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://droledendroit.canalblog.com/archives/2005/08/17/829959.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Pour un peu je l&apos;aurai
rat&#xe9;, et je me serai vautr&#xe9; sur le bitume comme un tocard. Mais il
&#xe9;tait suffisamment large pour que, m&#xea;me soul et fatigu&#xe9;, je lui rentre
dans le lard plein pot. Il a eu un petit cri &#xe9;touff&#xe9; des plus
excitants, tandis qu&apos;on se foutait par terre en vrac. Dans l&apos;ombre de
la carosserie qu&apos;il avait entrepris de ruiner &#xe0; coups de tatanes, je
d&#xe9;couvris son apparence d&#xe9;sagr&#xe9;able.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Un abruti en
costume de cadre moyen voire sup&#xe9;rieur sur le retour, une tronche
d&apos;informaticien quadra replet, des lunettes ch&#xe8;res et sans go&#xfb;t, bref
un type &#xe0; savater sans scrupules. Qu&apos;est-ce qu&apos;il avait &#xe0; frapper ma
bagnole, comme &#xe7;a? Bon, j&apos;avoue que c&apos;&#xe9;tait avant tout un pr&#xe9;texte,
parce que je n&apos;en avais vraiment rien &#xe0; foutre, de ma voiture, mais
quand m&#xea;me ! Ce type &#xe9;tait con, ou quoi?&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; La r&#xe9;ponse bien s&#xfb;r, &#xe9;tait : oui, &#xe0; fond.&lt;br /&gt; 
&amp;nbsp; Il se laissa bastonner en se prot&#xe9;geant &#xe0; peine le visage et les
parties g&#xe9;nitales, je lui en bourrai plein le mou, &#xe7;a faisait des
bruits sourds quand je m&apos;abattais la pogne sur sa viande, mais tr&#xe8;s
vite je sentis que son manque de combativit&#xe9; me sapait le plaisir. Je
lui mis bien un coup de taloche dans la gueule qui lui arracha un
couinement path&#xe9;tique et jouissif, mais pour le reste c&apos;&#xe9;tait comme de
s&apos;&#xe9;nerver sur un bout de jambon enroul&#xe9; dans du tissu : &#xe7;a n&apos;a pas de
go&#xfb;t. Je me relevai, haletant, compl&#xe8;tement fou de rage, et je le
laissai reprendre son souffle et se demander &#xe0; quelle sauce il allait
continuer d&apos;&#xea;tre assaisonn&#xe9;.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Je m&apos;avisai alors que
d&apos;autres mecs nous regardaient. Une ou deux femmes, aussi. Personne ne
mouftait, personne, pas un pour intervenir. Jolie lie de l&apos;humanit&#xe9; ordinaire.&amp;nbsp; N&apos;emp&#xea;che, ils regardaient tous d&apos;une fa&#xe7;on tr&#xe8;s bestiale,
pleine de crainte et d&apos;excitation contenues. Je devais leur foutre un
peu les jetons, aussi, avec mon regard de tar&#xe9;. Le neuneu en costard se
releva un peu, renifla le sang qui lui sortait des narines et des
gencives, se t&#xe2;ta l&#xe0; o&#xf9;, oui, l&#xe0;, d&#xe9;cid&#xe9;ment &#xe7;a faisait mal. Il geignait un
peu, mais sans plus. Fade, d&#xe9;cid&#xe9;ment. Il me regarda et dit, d&apos;une voix
relativement sereine :&lt;br /&gt;- Votre voiture g&#xe9;nait.&lt;br /&gt;- Pardon? dis je d&apos;une voix sans doute un peu trop agressive.&lt;br /&gt;- Elle g&#xe9;nait. Je ne pouvais pas sortir. &lt;br /&gt;Je lui d&#xe9;cochai un coup de pied dans le buffet. Il perdit d&apos;un coup de soufflet sanguin le peu d&apos;air qu&apos;il avait dans les poumons et s&apos;&#xe9;coula comme une merde.&lt;br /&gt;-
Et celle l&#xe0;, elle t&apos;emp&#xea;che de sortir, dugenou? Tu ne pouvais pas venir
dans la station chercher qui avait laiss&#xe9; sa voiture au mauvais
endroit, non, fallait que tu t&apos;en prennes &#xe0; la carosserie, en petite
brute bien l&#xe2;che que tu es.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Il se redressa, mit un peu
d&apos;ordre dans sa tenue. J&apos;en profitai pour faire de m&#xea;me. Le regard
qu&apos;il m&apos;adressa, derri&#xe8;re ses lunettes aux branches d&#xe9;sormais tordues,
&#xe9;tait franc et amer. Je lui flanquais une claque bien sonore qui marqua son visage durablement. Il finit par r&#xe9;pondre, du coup.&lt;br /&gt;- J&apos;ai eu une rude journ&#xe9;e, me dit-il.&lt;br /&gt;- Tu n&apos;es pas le seul, ducon.&lt;br /&gt;- J&apos;ai eu une rude semaine.&lt;br /&gt;- Punaise, ma &lt;strong&gt;&lt;em&gt;vie &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;a &#xe9;t&#xe9; rude, bordel, est-ce que je tape sur tout ce qui me bouche la vue pour autant?&lt;br /&gt;- Non, c&apos;est vrai, ce n&apos;est pas une raison. Mais je crois que j&apos;avais besoin d&apos;un pr&#xe9;texte.&lt;br /&gt; 
&amp;nbsp; Etant donn&#xe9; que la pens&#xe9;e qui me vint fut : &amp;quot;moi aussi, et tu me
l&apos;as offert sur un plateau, ce fichu pr&#xe9;texte&amp;quot;, je fus d&apos;embl&#xe9;e empli
d&apos;une humeur plus humaine.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; je lui souris et lui
proposai d&apos;aller lui payer un verre. Le fait qu&apos;il accepte aussit&#xf4;t
m&apos;encouragea &#xe0; penser qu&apos;il s&apos;agissait d&apos;un tocard pas si affligeant
que &#xe7;a. Et c&apos;est comme &#xe7;a que j&apos;ai rencontr&#xe9; Ivan.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 17 Aug 2005 21:16:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>