18 décembre 2005
cigarette, douche, traquenard intime
Je fume une clope pour
contrer l'odeur de merde. Clara est allongée près de moi, elle me
tourne le dos. On en a foutu un peu partout, j'en ai bien peur, mais à
vrai dire, dans l'obcurité de la chambre d'hotel, on baigne dans le
flou artistique. Le bras qui ne tient pas ma cigarette est passé sous
son cou, et ma main gentiment caresse son sein lourd.
C'était bien. C'était très bien. On s'est trouvés, il n'y a rien
d'autre à en dire. On se cherchait, on s'est trouvés. Du début à la
fin, un jeu d'affamés pas civilisés pour un sou, plus brutal que je ne
l'aurais voulu, mais sans regrets aucun. Sa respiration est empesée
mais sereine, Clara reprend pied et se masse les poignets. Cela ne
fait qu'une ou deux minutes que je l'ai détachée. A quoi ressemble son
visage après la sodomie, voilà à quoi je pense en lui caressant les
cheveux, prenant garde à ne pas y faire tomber de cendre de clope. A
quoi ressemble une jeune fille assouvie et violentée, qui n'a eu qu'à
boire juqu'à la lie la coupe ivre qu'elle avait commandée. Voila à quoi
je pense. A ça et à Clémentine. A ça, et à mes ennuis.
Il faudra plus qu'une fille charnue pour chasser la sueur
froide. Il faudra plus qu'un peu de frottis peau contre peau pour
démêler l'angoisse qui me noue les tripes. Ce n'est pas que ça aille
mal. C'est juste que j'ai une boule de peur pure et froide qui vibre dans mon ventre, à l'idée que des choses sérieuses à nouveau se produisent dans ma vie. Et la boule froide et vibrante ne se rétracte jamais assez pour que je sois pleinement à ce que je fais, même quand je
suis en pleine saillie. C'est agréable, mais je devrais être ailleurs.
Clara pourrait être ma fille, comme la plupart de celles que j'ai
culbutées depuis quelques mois, et on peut sans doute légitimement trouver que ce sont des circonstances aggravantes.
Je me
relève doucement, je l'embrasse sur l'épaule et je sors du lit. Dans la
salle de bain exiguë de l'hôtel bon marché, je me lave sans allumer la
lumière. La sueur, la merde, le sperme, ça et les autres sécrétions
intimes d'un moment débridé comme ceux après lesquels j'ai couru la
majeure partie de ma vie. Je ne vois pas grand chose sous la douche,
les odeurs partent sous l'eau chaude et le savon, la tension en toxines
exudée se défait cette fois tout à fait de mon corps épuisé. Trop de
nuits sans dormir comme il faut, trop de plans saumâtres et de coups de
fils à des heures indues. Clara me rejoint. Je l'embrasse et la lave
très doucement, très tendrement. Nous ne nous reverrons jamais.
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=31020&pid=1245438
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :